Kéne drale d’îdèye! (Quelle drôle d’idée !)

D’après l’app “Big Days”, téléchargée il y a quelques temps, il reste 121 jours jusqu’à ma remise de diplôme ; et donc 123 jours jusqu’à notre départ des US.

Je ne me souviens plus très bien à quel moment de nos préparatifs de mariage Shahnaz a émis l’idée de faire un tour du monde pour notre lune de miel. Quoiqu’il en soit, l’idée me parut farfelue et irréalisable…

Comment pourrait-on se payer cela ?

Quid de nos boulots ?

J’ai été habitué à mon petit confort ; ce faux sentiment de sécurité procuré par mon boulot, qui, cela dit, me frustre au quotidien et que je déteste. Bien que la tête pleine d’idées et malgré le désir de vivre autrement, mieux, loin des lumières aveuglantes, du brouhaha, de l’artificialité de la vie New-Yorkaise et du non-sens de la « culture » américaine, je n’avais aucune idée de comment arriver à cet idéal ni par où commencer, pas une once de courage. Comme souvent, Shahnaz avait une grande idée ; comme souvent, peut-être par manque d’imagination, je l’ai rapidement balayé d’un revers de la main et comme souvent… j’avais tort.

Petit à petit et à la suite de nombreuses discussions avec mon génie de femme, l’idée à commencé à germer et à prendre racine dans ma tête. Après tout, il n’y a pas de moment dans une vie plus approprié pour entreprendre ce genre d’épopée. Nous savions que mon visa de travail (et par conséquent, celui de Shahnaz également), expirerait en juin 2016, qu’il y avait peu de chances pour qu’il soit renouvelé et que nous aurions à prendre des décisions de vie importantes. Rester aux US à long terme ne m’a jamais botté outre mesure ; en fait, je suis déjà étonné d’être resté 5 ans ! Si nous devons changer d’environnement, de pays, de travail etc. pourquoi pas ne pas en profiter pour voyager ? Ces périodes de grande transition sont rares et idéales pour faire le genre de tour auquel nous pensons : pas d’obligations professionnelles, pas d’horaire, pas d’animaux (mes deux parents ont déjà chacun un de mes chats, rescapés de mes vies antérieures en Belgique et en Suisse) et surtout… pas de morveux !

Finalement, ce serait peut-être réalisable ; je commence à m’imaginer arpenter les plaines de Patagonie ou les fjords de Nouvelle-Zélande. Et là où nous avons vraiment le cul bordé de nouilles, c’est que nos familles et nos amis ont généreusement contribué à notre projet. En effet, lors de notre union, au lieu de faire une liste de mariage « classique », nous avons créé une liste de mariage « voyage » : de l’argent pour financer notre lune de miel quelque peu spéciale. La somme reçue pourra largement nous guider sur la route de notre périple pour un bon moment. Du coup, je profite de ce moment pour encore vous remercier de votre générosité. Ce cadeau que vous nous offrez restera gravé au fer rouge dans nos mémoires et dans nos âmes jusqu’à la fin de nos jours. MERCI, MERCI, MERCI du fond du cœur. Ha, et dire qu’on aurait pu se retrouver avec une vaisselle de 48 pièces (dont 43 pièces sont inutiles), un combi séchoir/machine à laver/sèche-cheveux, 3 grille-pain thermonucléaires, et un micro-onde/four/mixeur-broyeur plus compliqué à utiliser qu’un avion de chasse… bref, on l’a échappé bel-ge.

vaisselle classique